LES LIGNES DE DÉFENSE DES AVOCATS DU SÉNÉGAL

LES LIGNES DE DÉFENSE DES AVOCATS DU SÉNÉGAL

Les avocats de la Fédération sénégalaise de football (FSF), menés notamment par Seydou Diagne, ont élaboré une stratégie offensive devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne.

Voici les piliers juridiques sur lesquels repose leur défense pour faire annuler la décision de la Confédération africaine de football (CAF) :

1. La distinction entre « retrait temporaire » et « abandon définitif »
C’est l’argument technique central. Les avocats soutiennent que l’article 82 du règlement de la CAN (relatif au retrait du terrain) a été mal interprété.

Le fait : si une partie de l’équipe a regagné les vestiaires à la 106e minute, le jeu n’a été interrompu que temporairement.

Le droit : le retour volontaire des joueurs sur la pelouse (sous l’impulsion de Sadio Mané) prouve qu’il n’y avait aucune volonté d’abandonner le match. Pour les avocats, un incident disciplinaire ponctuel ne peut pas être transformé a posteriori en un forfait (3-0).

2. La validation par l’arbitre sur le terrain
Le rapport de l’arbitre est, selon les normes de la FIFA, l’acte juridique suprême d’une rencontre.

L’arbitre n’a pas mis fin au match pour abandon ; il a fait reprendre le jeu et a sifflé la fin réglementaire après le temps additionnel.

Les avocats soulignent que les officiels ont même félicité les joueurs sénégalais à la fin, validant ainsi la matérialité du résultat sportif acquis sur le terrain.

3. Le vice de procédure et les « droits de la défense »
La FSF dénonce un « attentat aux droits de la défense ».

Elle reproche à la Commission d’appel de la CAF d’avoir rendu son verdict (attribuant le titre au Maroc) sans avoir pris le temps d’entendre toutes les parties concernées de manière équitable.

De plus, les motifs complets de la décision du 17 mars n’auraient pas été communiqués immédiatement, empêchant le Sénégal de préparer sereinement son recours.

4. La remise en cause de l’impartialité
Le ton est monté d’un cran : les avocats ont évoqué des soupçons de corruption et envisagent même des poursuites contre les cinq membres du jury d’appel de la CAF. Ils estiment que la décision est « politique » et vise à protéger des intérêts particuliers plutôt qu’à respecter les Lois 5 et 6 du jeu (relatives à l’autorité de l’arbitre).

État actuel de la procédure au TAS
Le TAS a déjà pris une mesure conservatoire exceptionnelle :

  • Le titre est « gelé » : l’attribution officielle au Maroc est suspendue.
  • Pas de remise de trophée : le Sénégal a d’ailleurs choisi de conserver physiquement le trophée pour l’instant.

Parallèlement, le procès en appel des 18 supporters au Maroc est prévu pour demain, le 30 mars 2026.

Ce dossier pourrait faire jurisprudence dans le monde du football : la « rigueur du texte » administratif peut-elle effacer la « vérité du terrain » ?

MAMADOU KASSE

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