Parc national du Niokolo-Koba : la population de lions plus que doublée en quinze ans

Parc national du Niokolo-Koba : la population de lions plus que doublée en quinze ans

La situation du lion d’Afrique de l’Ouest connaît une évolution positive au Sénégal. Dans le Parc national du Niokolo-Koba, l’un des plus importants réservoirs de biodiversité de la sous-région, la population de lions montre des signes encourageants de reprise après plusieurs années de déclin.

Selon un rapport publié samedi par l’ONG Panthera à travers son programme sénégalais, le nombre de lions vivant à l’état sauvage dans le parc a nettement progressé au cours des quinze dernières années. Les estimations actuelles situent cette population entre 29 et 50 individus, contre seulement 10 à 15 lions recensés en 2011 lors du premier inventaire scientifique mené dans la zone.

Des efforts de conservation qui portent leurs fruits

Cette amélioration s’explique principalement par les différentes initiatives de conservation mises en œuvre dans et autour du parc. Les autorités sénégalaises et leurs partenaires ont notamment renforcé la protection des habitats naturels, intensifié la lutte contre le braconnage et soutenu des programmes destinés à améliorer les moyens de subsistance des populations vivant à proximité de l’aire protégée.

Ces actions ont contribué à stabiliser l’écosystème et à créer des conditions plus favorables à la reproduction et à la survie des lions.

Une coopération étroite avec l’État sénégalais

La progression observée résulte également d’une collaboration de longue durée entre Panthera et la Direction des Parcs nationaux du Sénégal. En 2011, l’ONG spécialisée dans la conservation des félins avait été invitée par les autorités sénégalaises pour effectuer la première évaluation scientifique de la population de lions du parc, révélant alors une situation particulièrement préoccupante.

Depuis, l’organisation accompagne les gestionnaires de l’aire protégée à travers plusieurs initiatives : appui logistique aux écogardes, réhabilitation et extension des postes de surveillance, ainsi que suivi scientifique des lions. Certains individus sont aujourd’hui équipés de colliers GPS, permettant aux chercheurs et aux gestionnaires du parc de suivre leurs déplacements en temps réel.

Fort de ces résultats, Panthera ambitionne désormais de porter la population de lions du parc à près de 100 individus d’ici 2030.

Un site longtemps fragilisé

Malgré ces progrès récents, le Parc national du Niokolo-Koba a traversé une période particulièrement difficile. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981, le parc avait été placé en 2007 sur la liste du patrimoine mondial en péril.

Cette décision faisait suite à plusieurs menaces pesant sur l’écosystème : braconnage intensif, recul de certaines espèces animales et exploitation minière illégale, notamment de basalte. À cela s’ajoutaient les impacts du changement climatique et certaines pressions liées au développement d’infrastructures, en particulier les routes traversant la région.

Après plus de dix-sept années d’efforts conjoints entre l’État du Sénégal, les communautés locales et les partenaires techniques, l’UNESCO a finalement retiré le parc de la liste du patrimoine en péril en 2024, saluant les progrès réalisés dans la gestion et la protection du site.

Un refuge clé pour le lion d’Afrique de l’Ouest

Situé dans le sud-est du pays, à la frontière des régions de Tambacounda, Kédougou et Kolda, le parc couvre une superficie comprise entre 913 000 et 950 000 hectares. Il constitue le deuxième plus grand parc national d’Afrique de l’Ouest, derrière le Parc national de la Comoé en Côte d’Ivoire.

Le site abrite notamment le lion d’Afrique de l’Ouest, scientifiquement nommé Panthera leo leo, une sous-espèce aujourd’hui classée parmi les plus menacées du continent. Les spécialistes estiment que moins de 400 individus subsistent encore dans toute l’Afrique de l’Ouest.

La majorité de cette population se concentre dans le complexe transfrontalier Complexe W-Arly-Pendjari, partagé entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, qui abriterait plus de 90 % des lions de la région.

Dans ce contexte, l’augmentation du nombre de lions à Niokolo-Koba apparaît comme un signal encourageant pour la survie de cette sous-espèce rare. Elle illustre surtout l’importance d’une coopération durable entre les autorités publiques, les organisations de conservation et les communautés locales dans la préservation du patrimoine naturel ouest-africain.

EL FAYE

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