Les rapports entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko se sont distendus depuis quelques mois. La raison officielle avancée est que Diomaye Faye a pris ses distances par rapport à Pastef et a relancé une coalition appelée Diomaye Président. Il estime que c’est cette coalition qui lui a permis de remporter l’élection présidentielle de 2024. Et c’est à son initiative que la coalition a été mise en place après des démarches auprès de certains leaders comme Aminata Touré et Abdourahmane Diouf.
Alors que Ousmane Sonko et Pastef estiment que les électeurs ont plutôt donné leur suffrage à leur parti, et surtout à Ousmane Sonko, qui s’est battu tout seul contre le pouvoir de Macky Sall. En effet, au moment où les Sénégalais vivaient sous la violence, seul Sonko s’est opposé au pouvoir en risquant sa vie.
À présent que la victoire est acquise, ils estiment que certains veulent récupérer le pouvoir. Pourquoi cette forfaiture, s’interrogent-ils ?
Pour comprendre le scénario, il faut rappeler que Macky Sall et l’APR ou Benno Bokk Yakkar avaient choisi officiellement Amadou Ba pour se présenter à la présidentielle. Mais, au dernier moment, Macky Sall lui a retiré sa confiance, le laissant seul face à l’opposition. Est-ce parce que Macky était convaincu, comme le révèle Amadou Ba dans ses sorties, que Sonko était réellement son ami ?
Entre-temps, Diomaye était mis en pôle position par Pastef, des éléments de l’opposition et de Benno Bokk Yakkar.
Pourquoi ce revirement ?
Au vu de ce qui se passe, on peut supposer que le candidat de Macky Sall n’était autre que Diomaye Faye. Cette candidature résulte-t-elle d’un deal pour assurer à Macky une sortie honorable ? Quels sont les acteurs de ce deal et comment ont-ils opéré ? Y a-t-il, comme le soutiennent certains, un protocole du Cap Manuel ? Quels en sont les termes et avec qui a-t-il été conclu ?
Les péripéties qui ont jalonné la candidature, l’élection, les actes protocolaires et les sorties médiatiques prouvent que le schéma de départ a été parasité, voire torpillé.
Les nouveaux développements permettent de comprendre certains actes posés, à savoir le départ précipité de Macky par l’avion présidentiel juste après la passation de service, la mobilisation des éléments de l’APR et de Benno Bokk Yakkar contre Ousmane Sonko et Pastef, le positionnement de la coalition Diomaye Président pour entraver les initiatives du Premier ministre.
Les voyages entrepris depuis le début du mandat, marqués par les rencontres avec Ouattara et Macron pour le président Diomaye, et avec le président Goïta pour Sonko, révèlent-ils une rupture d’équilibre ou d’orientations ?
Les récentes démissions et nominations en cours ne sont-elles pas des actes de rupture ?
Toutes choses qui font penser à une rupture qui risque de plonger le pays dans de nouvelles convulsions.
La situation politique au Sénégal est à présent tendue entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Les deux hommes, qui avaient uni leurs forces pour remporter l’élection présidentielle de 2024, sont désormais en désaccord sur la gestion du pouvoir. Comment expliquer les raisons de cette rupture ? Il faut d’abord interroger l’histoire des actes posés.
Les raisons de la rupture se résument ainsi :
- Diomaye Faye a pris ses distances avec Pastef, le parti de Sonko, et a relancé une coalition appelée Diomaye Président, qui, dit-il, l’a soutenu lors de l’élection présidentielle.
- Sonko estime que les électeurs ont donné leur suffrage à Pastef et à lui-même, et que Diomaye Faye cherche à récupérer le pouvoir.
Les acteurs de la rupture
- Macky Sall, l’ancien président, aurait joué un rôle dans la candidature de Diomaye Faye, selon certaines hypothèses.
- Amadou Ba, le candidat de l’APR, aurait été écarté au dernier moment au profit de Diomaye Faye.
- Aminata Touré, une alliée de Diomaye Faye, a été nommée superviseure générale de la coalition Diomaye Président.
Les conséquences de la rupture
- La coalition Diomaye Président cherche à entraver les initiatives du Premier ministre Ousmane Sonko.
- Des démissions et nominations sont en cours, ce qui pourrait plonger le pays dans de nouvelles convulsions.
Il est important de noter que les deux parties ont des visions différentes de la gestion du pouvoir et de l’avenir du pays, ainsi que de la façon de traiter les affaires en cours, notamment au niveau de la justice et des contentieux fonciers.
La situation reste tendue et incertaine, et seule une initiative hardie des sages des deux groupes et des leaders d’opinion qui ont accompagné cette nouvelle alternance pourrait permettre de rétablir les équilibres.
Mamadou Kassé
Journaliste

