À l’attention de :
M. le Président de la FIFA
M. le Président de la Confédération Africaine de Football (CAF)
Aux instances dirigeantes du football mondial
Objet : Cri d’alarme contre le traitement discriminatoire des supporters et l’exigence d’une justice équitable
Messieurs les Présidents,
Le football se veut un langage universel, un vecteur de paix et de fraternité entre les peuples. Pourtant, les récents événements qui ont frappé des supporters sénégalais au Maroc, ainsi que les insultes racistes répétées contre des joueurs comme Vinícius Júnior, révèlent une réalité sombre : le stade n’est plus un sanctuaire pour tous.
Un déni de justice inacceptable
Le cas des 18 supporters sénégalais condamnés au Maroc constitue un précédent alarmant. Un procès expéditif, marqué par l’absence d’avocats pour la défense, ne peut être qualifié de justice. C’est une atteinte directe aux droits fondamentaux de l’homme. Lorsque la passion du supporter se transforme en cauchemar judiciaire au seul motif de son origine ou de son statut d’étranger, c’est l’éthique même du sport qui est bafouée.
Le racisme, une plaie ouverte
L’affaire Vinícius a montré que le racisme dans les tribunes n’est pas un incident isolé, mais un mal systémique. Le parallèle avec le traitement des supporters en déplacement est frappant : dans les deux cas, l’individu est déshumanisé, stigmatisé et devient la cible d’une répression ou d’une haine injustifiée.
Nos revendications pour un football universel
Nous appelons la FIFA et la CAF à ne plus se murer dans le silence et à agir concrètement :
Observateurs de protection : la mise en place systématique d’observateurs indépendants lors des matchs à haute tension pour surveiller non seulement le comportement dans les tribunes, mais aussi le traitement des supporters par les autorités locales.
Garantie d’assistance juridique : l’instauration d’un protocole obligeant le pays hôte à garantir une assistance consulaire et juridique immédiate à tout supporter étranger interpellé.
Sanctions exemplaires : que le racisme, qu’il émane des tribunes ou qu’il soit reflété par un traitement judiciaire inique, soit sanctionné par des suspensions de stades ou des retraits de points, sans distinction de prestige national.
Le Maroc et le Sénégal sont deux grands noms du football africain. Ce chapitre douloureux ne pourra se refermer que si justice est rendue et que des excuses sont présentées à ceux qui n’avaient pour seul tort que de porter les couleurs de leur nation.
Le football doit redevenir une fête. Ne laissons pas l’ombre de l’injustice éteindre la lumière du jeu.
Plateforme Louis Camara pour le Développement du Football Local.

