Le Sénégal a officiellement lancé, mardi à Dakar, le Pacte AgriConnect, une initiative stratégique conduite en partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale pour transformer les systèmes agroalimentaires et renforcer la sécurité alimentaire du pays.
Ce programme s’inscrit dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 et de la Stratégie de souveraineté alimentaire (SSA 2025-2034). Il se veut un dispositif coordonné réunissant l’État sénégalais, le Groupe de la Banque mondiale – à travers l’Association internationale de développement (IDA), la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) – ainsi que les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et les organisations de producteurs.
Trois filières prioritaires
Le Pacte AgriConnect cible trois chaînes de valeur considérées comme stratégiques pour la sécurité alimentaire et l’emploi : les céréales, l’horticulture et l’élevage.
Il repose sur trois axes majeurs : la réalisation d’investissements structurants dans les infrastructures et services agricoles, la révision des politiques sectorielles pour améliorer l’environnement des affaires, et l’encouragement des investissements privés afin de stimuler l’innovation et la compétitivité.
D’ici 2029, les autorités ambitionnent d’atteindre plus de 90 % de sécurité alimentaire au niveau national et de créer 800 000 emplois formels dans le secteur agricole. Les objectifs annoncés comprennent notamment l’augmentation du taux de couverture en céréales de 48 % à 78 %, l’autosuffisance en riz portée à 64 %, ainsi que la mise en place de 100 coopératives agricoles communautaires à travers le pays.
Une plateforme au cœur de l’Agenda Sénégal 2050
Pour le ministre d’État chargé du suivi et de l’évaluation de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, Ahmadou Al Aminou Lo, AgriConnect représente une plateforme structurante pour coordonner les projets agricoles et en maximiser les résultats.
Selon lui, l’initiative vise à « atteindre les impacts attendus de la Vision Sénégal 2050, souveraine, juste et prospère », grâce à des contrats de programmes de filières impliquant l’ensemble des parties prenantes. Il a insisté sur l’importance du pilotage par les résultats et de l’efficacité opérationnelle dans la mise en œuvre de ces programmes multisectoriels.
Un levier pour les revenus et l’emploi rural
Le ministre de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a souligné que le pacte doit se traduire par des améliorations concrètes dans la vie des populations.
Selon lui, l’initiative permettra à des familles de mieux se nourrir, à des producteurs d’augmenter et de stabiliser leurs revenus, et à de nombreux jeunes de trouver des opportunités d’emploi dans une agriculture modernisée et rentable.
L’engagement du Groupe de la Banque mondiale
De son côté, le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, a réaffirmé l’engagement de l’institution à soutenir les objectifs du Sénégal.
Il a indiqué que l’action coordonnée de l’IDA, de l’IFC et de la MIGA vise à catalyser une dynamique où investissements publics et privés convergent vers un objectif commun : faire de la souveraineté alimentaire et de l’emploi une réalité durable pour les populations.
Une gouvernance multisectorielle
La gouvernance du Pacte AgriConnect sera assurée par le ministre d’État chargé du pilotage de l’Agenda Sénégal 2050, tandis que la mise en œuvre opérationnelle sera confiée au ministère de l’Agriculture à travers sa « Delivery Unit ».
Un comité conjoint de pilotage sera mis en place pour assurer la planification, la coordination et le suivi, avec l’appui du Groupe technique des partenaires.
Le pacte a été élaboré en concertation avec plusieurs partenaires techniques et financiers, dont le FIDA, la FAO, le PAM, l’AFD, la BAD, la BID, la JICA, la GIZ, les Pays-Bas, la Fondation MasterCard et la Fondation Bill & Melinda Gates.
Avec AgriConnect, les autorités sénégalaises entendent donner une nouvelle impulsion à la transformation agricole, en plaçant la souveraineté alimentaire, la création d’emplois et la modernisation des filières au cœur du projet de développement national.

