QUAND LA FÉDÉRATION ROYALE MAROCAINE DE FOOTBALL CONFIRME LES PROPOS D’EL OUARDI !

QUAND LA FÉDÉRATION ROYALE MAROCAINE DE FOOTBALL CONFIRME LES PROPOS D’EL OUARDI !

Que n’a-t-on pas lu depuis des semaines ? En voici quelques pépites ! « On nous a volé la coupe », « on a fait appel à la FIFA pour que le Sénégal soit suspendu », « on ne mérite pas les sanctions de la CAF car on n’a rien fait », « on a organisé la meilleure coupe d’Afrique, donc c’est un affront de nous sanctionner ».

Passons sur le délire du « vol de la coupe », qui ne fait même pas rire, pour mettre l’accent sur deux points : la capacité juridique du Maroc à faire alourdir les sanctions prononcées contre le Sénégal et le bien fondé des sanctions infligées aux Marocains.

I. La FRMF ne peut pas faire appel des sanctions infligées au Sénégal.

Dans son communiqué qui fait suite à la notification des décisions du Jury disciplinaire de la CAF, la FRMF juge les « sanctions « non proportionnelles à la gravité et à la dangerosité de ces événements ». Faisant dans la langue de bois, la Fédération marocaine semble justifier sa position en s’appuyant sur les faits reprochés au Sénégal. Les Marocains, pour la plupart ignorants, se sont fait avoir. Ils pensent que la FRMF « a fait appel des sanctions prononcées à son encontre mais aussi contre le Sénégal ». Ce dernier doit être plus sévèrement puni. C’est ce qui pourrait, peut-être, les rendre plus heureux, à défaut de pouvoir remporter la coupe sur le plan administratif. Au-delà de ce crétinisme affligeant, de cette méchanceté gratuite, c’est le ridicule de l’affirmation qui choque. Qui pour dire aux Marocains sur les réseaux sociaux que la FRMF n’a pas la capacité juridique de faire appel des sanctions infligées au Sénégal ? Qui pour leur dire qu’elle ne l’a jamais fait, sauf si elle dispose de piètres juristes qui oseraient pousser le ridicule jusqu’au bout ? Enfin, qui pour leur dire qu’elle n’a fait appel et ne peut faire appel à ce stade que devant le Jury d’appel de la CAF et non le Tribunal arbitral du Sport ?

Il y a un principe juridique élémentaire qui rend impossible toute action du Maroc relativement aux sanctions appliquées au Sénégal : Pas d’intérêt, pas d’action ! On le retrouve à l’article 54 du Code de discipline de la CAF : « Anyone who has a legally protected interest, which is affected by a decision, may appeal to the Appeal Board ». Traduction : « Toute personne ayant un intérêt juridiquement protégé, qui est affectée par une décision, peut faire appel auprès du Jury d’appel ».

  1. Concernant ses propres sanctions : Le Maroc est directement affecté par les mesures le touchant (joueurs marocains ou équipe nationale). Il a donc un intérêt manifeste à agir pour les contester.
  2. Concernant les sanctions du Sénégal : En règle générale, dans le droit disciplinaire sportif, une fédération tierce n’a pas d’intérêt juridiquement protégé à demander l’aggravation des sanctions d’un adversaire, sauf si cette sanction a un impact direct sur ses propres droits (par exemple, si une disqualification changeait le classement final en faveur de l’appelant).

Le droit d’appel n’est pas un outil de « dénonciation » pour punir plus sévèrement autrui. Si le Jury disciplinaire a déjà rendu son verdict sur le cas du Sénégal, le pouvoir de poursuivre les infractions appartient d’office à la CAF (Article 43 : « Disciplinary infringements are automatically prosecuted »).

En résumé : Sauf si le Maroc peut prouver qu’il subit un préjudice direct et juridiquement protégé du fait de la « clémence » perçue des sanctions contre le Sénégal, son appel contre les mesures visant une partie tierce (le Sénégal) risquerait d’être déclaré irrecevable par le Jury d’appel de la CAF pour défaut d’intérêt à agir, conformément à l’article 54.
Le pouvoir de faire appel est en effet limité aux mesures concernant l’appelant ou ayant un impact direct sur sa situation juridique.

Que gagnerait le Maroc à obtenir l’aggravation des sanctions opposées au Sénégal ? Rien ! L’amende ne lui est attribuée mais à la CAF. Il ne protège aucun intérêt juridique en obtenant une punition plus sévère du coach ou des joueurs.

D’ailleurs, le Sénégal a écrit à la CAF pour lui notifier sa décision d’acceptation des sanctions qui lui sont infligées. Le reste appartient donc à l’histoire. Je pense que les Marocains qui se font abuser doivent se réveiller et arrêter les carabistouilles qu’ils débitent sur les réseaux sociaux. Mieux, ils devraient cesser de rêver d’une disqualification du Sénégal à la Coupe du monde. La FIFA n’a pas le pouvoir juridique de sanctionner le Sénégal dans cette affaire. Elle s’en est lavée les mains à juste titre.

Au demeurant, en lisant le communiqué de la FRMF, l’on ne manquera pas de remarquer qu’elle ne fait nulle part mention du rejet de sa demande honteuse de disqualification du Sénégal. Inutile de vous dire qu’elle a compris qu’il lui était impossible de se voir déclarer vainqueur sur le plan juridique. La coupe restera bien au chaud au Sénégal, n’en déplaise aux écervelés marocains qui prétendent le contraire. Ils feraient mieux d’ouvrir leurs yeux !

II. Les sanctions infligées au Maroc sont légitimes.

Le Sénégal s’est vu imputer des faits précis qui lui ont valu des sanctions financières et sportives. Le Maroc a également reçu le même traitement. Pourrait-il en être autrement ? Non !

Au-delà des sanctions prononcées contre Hakimi et Saibari, les sanctions financières contre la FRMF sont motivées par des faits incontestables, irréfutables :

  1. L’envahissement de l’aire de la VAR par des Marocains hystériques lors de sa consultation. On aurait dit des affamés qui venaient de voir de la nourriture ! Les Sénégalais diront « comme niou tiit » !
  2. Le spectacle des serviettes. Les stadiers et autres officiels ont fait irruption dans la pelouse, toute honte bue, en plein match et sous les caméras, pour arracher une serviette au gardien remplaçant du Sénégal. L’image du football a été naturellement ternie. Ces images renseignent suffisamment sur l’état mental, le manque de respect et l’égoïsme chez ces gens. Quitte à salir son image, le plus important c’est la victoire, disent-ils certainement.
  3. L’utilisation de lasers.

Par quelle magie les Marocains pourraient-ils arriver à nier ces faits ? C’est sur la base de preuves on ne peut plus claires et des différents rapports de responsables de la CAF (arbitre, Commissaire à la sécurité, Commissaire au match, etc.) que les sanctions ont été prises. Pourquoi s’offusque-t-elle ? Devrions-nous comprendre qu’ils sont des intouchables parce qu’ils ont organisé une CAN que d’autres ont organisée bien avant eux dans des conditions satisfaisantes ? A-t-on touché à leur fierté mal placée en les sanctionnant ?

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