L’entrée de Starlink sur le marché sénégalais des télécommunications suscite de vifs débats. Si certains y voient une opportunité pour réduire la fracture numérique, notamment dans les zones rurales et enclavées, d’autres acteurs du secteur expriment des réserves face à l’impact potentiel de cette solution satellitaire sur l’équilibre du marché.
Face à ces interrogations, le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des Postes (ARTP) a apporté, jeudi, des précisions. Dahirou Thiam a rappelé que l’autorisation accordée à Starlink repose sur un cadre réglementaire clair, élaboré de manière concertée avec les parties prenantes.
Selon lui, l’opérateur a été autorisé sur la base d’un cahier des charges défini par l’ARTP, en collaboration avec les acteurs concernés, notamment le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. Il a toutefois précisé que la communication détaillée sur les modalités de cette autorisation relève des prérogatives du ministère compétent.
Le patron de l’ARTP a surtout tenu à rassurer l’ensemble des parties. D’un côté, les opérateurs historiques, qui redoutent une concurrence déséquilibrée ; de l’autre, les consommateurs, attentifs à la qualité du service et à la protection de leurs intérêts.
Il a ainsi affirmé que tous les opérateurs, sans exception, seront soumis à la régulation. La mission de l’ARTP, a-t-il insisté, est de veiller à l’équilibre du marché et à la protection des usagers, y compris face à l’arrivée de nouveaux acteurs comme Starlink.
Un débat au cœur de la transformation digitale
Ces déclarations ont été faites en marge de “Ettu koom koom”, une rencontre stratégique organisée par KPMG, consacrée cette année aux « Infrastructures numériques et connectivité universelle : enjeux, modèles et perspectives ». Le thème s’inscrit dans la dynamique de transformation digitale engagée par le Sénégal.
Dans ce contexte, l’arrivée de solutions technologiques innovantes comme Starlink apparaît à la fois comme une promesse d’élargissement de l’accès à Internet et comme un défi pour la régulation du secteur. Pour les autorités comme pour les opérateurs, l’enjeu consiste désormais à exploiter ces nouvelles opportunités tout en préservant un cadre concurrentiel équilibré.

