Mamadou Koumé, référence respectée du journalisme sportif sénégalais, a livré une analyse froide, argumentée et sans complaisance sur le sacre du Sénégal à la Coupe d’Afrique des nations disputée au Maroc. Pour l’ancien directeur général de l’Agence de Presse Sénégalaise, ce titre continental est sportivement incontestable, même si la finale s’est déroulée dans un climat lourd, marqué par de fortes tensions hors du terrain.
Dès l’entame, Koumé est catégorique : le Sénégal a été la meilleure équipe du tournoi. Dominateurs, réguliers et solides, les Lions ont imposé leur loi tout au long de la compétition. « Six victoires en sept matchs, il n’y a pas débat », tranche-t-il, rappelant que la logique sportive a été respectée jusqu’au bout.
Sa seule inquiétude avant la finale ne concernait ni le niveau des joueurs ni la tactique, mais l’arbitrage, face à un pays hôte historiquement avantagé dans ce type de rendez-vous. Selon lui, tout dépendait de la capacité de l’arbitre à maîtriser la rencontre. « Si l’arbitre tient le match, le Sénégal peut rivaliser », explique-t-il. Jusqu’aux dernières minutes, ce fragile équilibre semblait maintenu.
Le match bascule, selon Koumé, dans le temps additionnel, après un corner sénégalais impliquant Achraf Hakimi et Abdoulaye Seck. Une action qu’il juge parfaitement régulière, mais dont l’interruption précipitée aurait déclenché une succession de décisions contestables. À ses yeux, l’usage de la VAR impose désormais une autre philosophie : « laisser jouer et vérifier ensuite ».
Mais l’arbitrage n’est qu’un élément d’un environnement globalement hostile aux Lions. Mamadou Koumé évoque une série de dysfonctionnements autour de la finale : incidents avec les ramasseurs de balles, perturbations visant le gardien Édouard Mendy, et surtout l’intoxication alimentaire de trois joueurs sénégalais à la veille du match. « Tout cela crée un climat pesant », insiste-t-il.
Il pointe également les failles dans la sécurisation de la délégation sénégalaise à son arrivée à Rabat. Si le transport en train respectait les règles, la protection de l’équipe, selon lui, n’était pas à la hauteur d’une finale continentale. « Le minimum était d’assurer une sécurité effective », regrette-t-il.
Sur le penalty accordé puis manqué en fin de rencontre, Koumé adopte une lecture paradoxale : cette décision controversée aurait, selon lui, évité une prolongation et préservé l’issue sportive du match. Sans ce coup de sifflet, la finale aurait pu basculer dans une autre dimension.
Enfin, il replace cette victoire dans le contexte historique de la CAN, où les pays organisateurs bénéficient souvent d’un avantage décisif en finale. Une réalité qu’il juge normale, à condition que l’équipe soit compétitive. « Le Maroc avait une bonne équipe. Mais le Sénégal, lui, avait une très grande équipe », conclut-il.
Une analyse rigoureuse, dénuée de passion excessive, qui réaffirme l’essentiel : le Sénégal a conquis cette CAN sur le terrain, par sa supériorité collective, malgré une finale tendue et un contexte loin d’être neutre.

