Le Championnat d’Afrique des Nations de football Maroc 2025 était, selon de nombreux observateurs, programmé pour rester au Royaume chérifien. Ce funeste projet, porté par le président de la Fédération Royale Marocaine de Football, semblait bénéficier de la bienveillance, voire de la complicité, de certaines sphères décisionnelles de la Confédération Africaine de Football (CAF) et de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA).Le processus de cette victoire annoncée aurait commencé bien loin des terrains, dans les salons feutrés de Zurich, avec l’éviction méthodique au conseil de la FIFA, de dirigeants africains réputés pour leur indépendance et leur sens de la dignité, à l’image d’Augustin Senghor et de tous ceux qui refusaient de se mettre au service d’intérêts extra-sportifs.Il s’est poursuivi lors du Congrès de la CAF en République Démocratique du Congo, où, selon plusieurs sources, Fouzi Lekjaa, appuyé par des relais placés au sein des instances internationales, aurait œuvré à l’éviction du président indépendant de la Commission des arbitres, reconnu pour sa rigueur, afin de le remplacer par un exécutant plus docile.L’objectif de ces manœuvres dépassait largement le cadre sportif. Il s’agissait de satisfaire des intérêts sociaux, politiques et affairistes.Face à la montée en puissance des sélections africaines et au recul relatif de l’équipe du Maroc fragilisé notamment par la blessure d’Achraf Hakimi et le temps de jeu limité de Brahim Díaz. Et surtout face à la glorieuse incertitude du résultat sportif, certains acteurs du football continental auraient cherché à sécuriser la victoire marocaine en influençant les résultats depuis les bureaux de la CAF et de la FIFA, à travers une instrumentalisation de l’arbitrage.
Tout ce scénario parce qu’une victoire marocaine aurait ainsi permis d’apaiser un climat social tendu, de justifier d’importants investissements dans les infrastructures sportives et l’accueil de grands événements internationaux, tout en ouvrant la voie à des retombées financières pour certains cercles peu scrupuleux des instances dirigeantes.Mais dans ce projet biaisé, un élément fondamental a été ignoré.Le résultat sportif ne se décrète pas dans les bureaux. Il se conquiert sur le terrain, par la supériorité physique, tactique et mentale. Et surtout, un paramètre essentiel a été sous-estimé : une finale face au Sénégal.Le Sénégal, ce peuple qui préfère la mort au déshonneur.Ce peuple épris de paix, de justice et d’équité.Ce peuple qui ne transige jamais avec sa dignité.Et, c’est dans cette lignée historique que s’inscrit le geste de Pape Bouna Thiaw.
En demandant à ses joueurs de quitter le terrain face à une injustice répétée et manifeste, le sélectionneur national n’a pas posé un acte de colère, mais un acte de résistance.Il a prolongé le courage des esclaves sénégalais qui se jetaient dans les profondeurs de l’océan plutôt que de vivre à genoux.Il a ravivé la bravoure des tirailleurs sénégalais, qui ont préféré mourir à Thiaroye plutôt qu’à accepter l’injustice et le déshonneur.Pape THIAW a réactualisé l’héritage des femmes de Nder, la détermination d’Aline Sitoé Diatta, la noblesse de Lat Dior Ngoné Latyr Diop, Damel du Cayor.
Par son geste, Bouna Thiaw a surtout sauvé le football africain d’une honte certaine, d’un ridicule mondial annoncé.Il a offert au peuple sénégalais, et à l’Afrique tout entière, une image de courage, de fierté et de dignité.Il a remis au cœur de notre actualité nos valeurs fondamentales : FOULA, FAYDA, FIIT et DIOM.C’est pourquoi, Pape, il n’y a rien à regretter.Et si c’était à refaire, il faudrait agir de la même manière.Ton geste, complémentaire à celui de Sadio Mané, a projeté le Sénégal sous un jour plus que positif aux yeux du monde.Un Sénégal debout.Un Sénégal courageux. Un Sénégal fier Un Sénégal digne.Un Sénégal fidèle à son histoire.Vive Pape THIAW Vive l’équipe du Sénégal Vive la FSFVive le Sénégal.

