Le ministère de l’Éducation nationale a procédé au lancement officiel de la plateforme numérique « La Voix de l’École », un nouvel outil présenté comme un levier stratégique de la refondation curriculaire engagée par l’État. La cérémonie, présidée par le ministre de l’Éducation nationale, a été marquée par le discours du Facilitateur de la transformation systémique (FTS), le Pr Abdoullah Cissé, qui a insisté sur la centralité de l’écoute dans toute réforme éducative durable.
Dès l’entame, le Pr Cissé a salué le choix politique du ministre de placer l’écoute au cœur du processus de transformation du système éducatif. Selon lui, cette option traduit un leadership fondé non sur la seule verticalité de la décision, mais sur « l’humilité du discernement ». Accorder une place structurante à la parole du terrain, jusqu’à en faire un principe de gouvernance éducative, témoigne, a-t-il souligné, d’un État suffisamment sûr de sa vision pour considérer la transparence comme une force et non comme une fragilité.
Pour le Facilitateur de la transformation systémique, le lancement de « La Voix de l’École » ne constitue pas l’ouverture d’un espace de discours supplémentaire, mais bien la mise en place d’un cadre de circulation, de reconnaissance et de discernement collectif. Il s’agit, a-t-il précisé, de rendre visible et d’organiser une écoute qui existe déjà au cœur du système éducatif, mais qui peinait jusque-là à trouver une traduction structurée dans la décision publique.
Une plateforme d’écoute structurée, loin de toute logique de contestation
Dans son intervention, le Pr Abdoullah Cissé a tenu à lever toute ambiguïté sur la nature et la vocation de la plateforme. « La Voix de l’École », a-t-il affirmé, n’est ni une tribune d’expression sans cadre, ni un espace de revendication brute, encore moins un substitut aux instances institutionnelles existantes. Elle n’a pas pour mission de produire des décisions immédiates ou de court-circuiter les responsabilités établies.
La plateforme est conçue comme un dispositif structuré d’écoute et de remontée du réel. Elle permettra de recueillir, de manière organisée et sécurisée, les expériences vécues dans les établissements scolaires, les perceptions des enseignants, des apprenants et des familles, ainsi que les réalités propres aux différents territoires. Les daaras et les espaces éducatifs non formels y trouvent également leur place, tout comme les contributions formulées dans les langues nationales, afin de rester au plus près des contextes locaux.
Cette parole collectée n’a pas vocation à être simplement stockée. Elle sera analysée, mise en perspective et restituée de manière intelligible aux instances d’éclairage et de décision. À travers ce mécanisme, la voix du terrain devient une matière vivante, appelée à nourrir la réflexion stratégique et l’action publique.
Numérique, intelligence artificielle et responsabilité collective
Inscrite dans une architecture globale de gouvernance éducative, « La Voix de l’École » alimentera notamment le travail du Comité scientifique, chargé d’identifier les tendances, les tensions et les signaux faibles du système. Elle contribuera également à éclairer les structures de pilotage et à renforcer la capacité de l’État à ajuster ses politiques éducatives avec discernement.
Le choix du numérique et de l’intelligence artificielle, a expliqué le Pr Cissé, répond à une volonté claire : élargir l’accès à l’expression, réduire les asymétries de visibilité entre centres et périphéries, et valoriser la diversité des parcours, des langues et des expériences. Utilisés avec rigueur, ces outils sont appelés à devenir des leviers d’équité, d’inclusion et d’accessibilité.
Toutefois, le Facilitateur de la transformation systémique a rappelé que la réussite de la plateforme dépendra avant tout de l’usage qui en sera fait. Elle appelle une responsabilité collective : parler avec mesure, écouter avec respect et transformer avec discernement. « La Voix de l’École » ne se substitue pas à l’engagement humain, elle l’exige et le renforce.
En déclarant officiellement ouverte la plateforme, le Pr Abdoullah Cissé a conclu sur une conviction forte : une école capable de s’écouter est une école capable de se transformer sans se perdre, au service d’un Sénégal souverain, juste et prospère.

