L’heure de la vérité a sonné : le sacre d’un leader, la confirmation d’un pays
Le duel tant attendu a livré son verdict. Tanger n’est plus seulement une escale : c’est désormais un jalon supplémentaire dans l’ascension du Sénégal vers le sommet du football africain, avec à la clé une place en finale. Dans ce choc entre deux puissances du continent, le Sénégal a imposé sa loi, et Sadio Mané a remporté son duel face à son ancien coéquipier de Liverpool et adversaire de cette demi-finale. Plus qu’une victoire, c’est une clarification nette : le Sénégal est maître de son art.
C’était écrit ici même. Cette demi-finale n’était pas seulement une bataille pour une place en finale, mais l’ultime chapitre de la clarification entre deux légendes vivantes du football africain. Le verdict est tombé comme un couperet : le Sénégal a dominé les débats, confirmant sa maturité face à un bloc égyptien fidèle à sa réputation de forteresse, mais prenable.
Une domination statistique sans appel
C’est factuel : le terrain a parlé. Avec 534 passes et un taux de précision de 88 %, le Sénégal a affiché des standards dignes des plus grandes nations mondiales. Les statistiques révélées par la CAF traduisent un jeu parfaitement huilé : 64 % de possession de balle, 12 tirs dont 3 cadrés (contre un seul tir cadré pour l’Égypte, à la 95e minute) et 7 corners contre un seul pour les Pharaons. Le Sénégal a gagné seulement 45% des duels. Face à un adversaire qui, comme à son habitude, a laissé l’initiative aux Lions, les hommes de Pape Thiaw ont su faire preuve de patience, multipliant les combinaisons fluides devant le verrou adverse, sans jamais céder à la précipitation ni à la panique.
Maîtrise nerveuse et relève assurée
L’une des clés du match fut le calme olympien des Sénégalais. Malgré l’électricité sur la pelouse — illustrée par une faute marquante de Salah sur Mané — le coach Pape Thiaw a su maintenir ses troupes dans la maîtrise du jeu. L’accolade empreinte de fair-play avec son homologue égyptien, Hossam Hassan, a d’ailleurs contribué à faire retomber la tension.
C’est la marque des grandes équipes : rester lucide dans l’adversité, patient et appliqué dans les phases de transition ou pour annihiler les dangers. Cette maturité a été portée par une jeunesse éclatante : Mamadou Sarr (20 ans, Strasbourg) et El Hadji Malick Diouf (21 ans, Westham) ont prouvé qu’ils étaient prêts pour la relève. Diouf a d’ailleurs livré une prestation magistrale, mettant littéralement Mohamed Salah sous éteignoir.
L’éclair du génie : Sadio Mané libère un peuple
Mais il fallait un leader pour forcer le destin. À la 78e minute, Sadio Mané a rappelé au monde pourquoi il est un double Ballon d’Or africain. Après une tentative de Lamine Camara contrée par la défense, Mané a amorti le ballon de la poitrine avant de déclencher une frappe puissante à ras de terre depuis l’extérieur de la surface de réparation. Le verrou a sauté.
Ce but a libéré les milliers de supporters sénégalais, soutenus par la ferveur des Marocains venus garnir les gradins du stade Ibn Batouta avec une affluence de 52079 personnes, plus que les autres matchs joués ici. Leurs cris de joie ont transpercé la nuit de Tanger, vibrant à l’unisson avec le cœur de tout un peuple. Désigné « Homme du Match » par la CAF, Sadio Mané sort grand vainqueur de ce duel. Alors qu’il s’apprête à disputer sa troisième finale en sept ans avec l’espoir d’une deuxième étoile, Mohamed Salah voit, lui, probablement s’envoler sa dernière chance de sacre continental.
Le dernier des Mohicans
Au coup de sifflet final, l’émotion était à son comble. Sadio Mané a déclaré que cette finale serait sa dernière Coupe d’Afrique des Nations. Une annonce qui fait de lui le « dernier des Mohicans » : une légende qui souhaite partir au sommet de son art tout en ouvrant la voie aux jeunes talents qui grignotent du temps de jeu.
La route vers le titre est désormais balisée par un parcours exemplaire : cinq victoires, un nul, douze buts marqués et seulement deux encaissés, soit une moyenne impressionnante de 2,66 points par match.
Le Sénégal, maître des chiffres
Les indicateurs de performance confirment cette hégémonie. Avec 3 084 passes cumulées, le Sénégal surpasse toutes les autres nations (Nigeria : 3 022 ; Maroc : 2 938). De même, les Lions affichent 94 tirs, soit plus que le Maroc (87) ou le Nigeria (86), bien que ces derniers aient disputé des prolongations. Sur le plan individuel, Idrissa Gana Gueye, avec 429 passes, s’impose comme le deuxième joueur le plus actif du tournoi, juste derrière le Nigérian Calvin Bassey (434 passes).
Les Lions de la Téranga s’apprêtent désormais à défier les Lions de l’Atlas pour la « finale de rêve » de cette 35e édition. Ce choc opposera les deux meilleures nations du continent au classement FIFA. Ce 52e et ultime match sera l’occasion pour le Sénégal d’épingler une deuxième étoile historique sur son maillot.
Le scénario semblait être écrit à l’avance tant le Sénégal a déroulé son plan de jeu. rendez-vous est pris à Rabat le 18 janvier 2026 contre le pays organisateur.
Moustapha Niang
Supporter des Lions de la Téranga à Tanger

