Thiaroye 44 : la France défend sa reconnaissance du massacre et précise les limites de la déclassification des archives

Thiaroye 44 : la France défend sa reconnaissance du massacre et précise les limites de la déclassification des archives

L’ambassadrice de France au Sénégal, Mme Christine Fages, est longuement revenue sur la commémoration du massacre de Thiaroye de 1944 et sur la question sensible de l’accès aux archives, régulièrement soulevée par les historiens sénégalais. Une séquence mémorielle qu’elle inscrit dans une dynamique de vérité et d’apaisement portée, selon elle, au plus haut niveau de l’État français.

La diplomate a tenu à rappeler un fait qu’elle juge essentiel : la France a officiellement reconnu, en 2024, les événements de Thiaroye comme un massacre. « C’est un acte politique fort, clair et sans ambiguïté », a-t-elle souligné, écartant toute idée d’une volonté de dissimulation. « Une fois qu’on a reconnu un massacre, qu’est-ce qu’on aurait à cacher ? », s’est-elle interrogée, estimant que cette reconnaissance marque une rupture décisive dans la lecture officielle de cet épisode sombre de l’histoire coloniale.

Pour Mme Christine Fages, la question mémorielle occupe désormais une place centrale dans la politique étrangère française, notamment sous l’impulsion du président Emmanuel Macron. Elle insiste sur la nécessité de laisser les historiens travailler librement sur les faits. « Regarder l’histoire avec des yeux froids est indispensable. Lorsqu’un travail historique n’aboutit pas, il subsiste toujours une part de non-dit qui fragilise le récit national et complique le fait de faire nation », a-t-elle expliqué, plaidant pour un apaisement durable des mémoires.

Sur la déclassification des archives, l’ambassadrice a apporté plusieurs précisions. Selon elle, l’immense majorité des documents existants relatifs à Thiaroye ont déjà été ouverts à la consultation. Deux pièces spécifiques manqueraient toutefois encore aux chercheurs. La première est le manifeste du navire ayant rapatrié les tirailleurs à Dakar, un document que la France ne détient pas, le bâtiment étant de nationalité britannique. La seconde concerne un dossier individuel précis, partiellement couvert par une amnistie prononcée par le Conseil d’État en 1947, ce qui en limite juridiquement la communicabilité.

Mme Fages assure néanmoins que le dialogue reste ouvert. « À ce jour, je n’ai pas reçu de demande officielle portant sur d’autres documents. Mais si de nouvelles requêtes sont formulées et que nous sommes en mesure d’y répondre, nous le ferons », a-t-elle déclaré, réaffirmant la disponibilité des autorités françaises à accompagner les démarches de recherche, de vérité historique et de reconnaissance acknowledge.

El Faye 

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