La cérémonie officielle de lancement de l’Observatoire des Finances Locales (OBFiLoc) s’est tenue ce jeudi à Dakar. L’événement a réuni les principaux acteurs de la décentralisation : le Directeur général de la comptabilité publique et du trésor, le Directeur Général des Collectivités Territoriales, le maire de Dakar Plateau représentant l’Association des maires du Sénégal, ainsi que le président de l’Association des départements, entourés de nombreux maires et présidents de conseil départemental.
« Une réponse concrète » aux défis de la gouvernance locale
Prenant la parole au nom de l’ensemble des partenaires techniques et financiers, Pierre Bonneau, responsable des opérations de la Banque mondiale au Sénégal, a présenté l’OBFiLoc comme une avancée majeure pour la gouvernance locale.
« Toute grande réforme commence par des questions simples : comment mieux servir les citoyens ? Comment faire en sorte que chaque franc public produise des résultats tangibles, visibles et équitables sur l’ensemble du territoire ? » a-t-il déclaré en introduction, avant d’affirmer que l’OBFiLoc apporte « une réponse concrète à ces interrogations ».
L’observatoire, a-t-il expliqué, offre désormais à l’État, aux collectivités et à leurs partenaires un tableau de bord consolidé des finances locales, intégrant recettes fiscales et non fiscales, dépenses d’investissement et de fonctionnement, ainsi que les situations budgétaires en temps réel.
Un outil qui s’inscrit dans la réforme budgétaire
Le responsable de la Banque mondiale a souligné que l’OBFiLoc s’intègre pleinement au logiciel GFILOC (Gestion des Finances Locales), au cœur de la réforme budgétaire qui fait passer les collectivités « d’une logique de moyens à une logique de résultats ».
Cet outil, a-t-il précisé, a été conçu dans le cadre du PACASEN (Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal), cofinancé par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), avec l’appui des coopérations bilatérales et des organisations de la société civile.
Des résultats encourageants déjà enregistrés
Pierre Bonneau a salué les progrès accomplis, citant un chiffre éloquent : 94 % des collectivités urbaines bénéficiaires du PACASEN répondent désormais aux conditions minimales de gestion financière.
« Ce chiffre reflète non seulement des progrès mesurables, mais aussi l’engagement constant des collectivités et de leurs partenaires à renforcer les fondements d’une gouvernance locale toujours plus performante et transparente », a-t-il souligné.
Il a également rappelé que des ateliers de formation ont déjà été organisés à travers le pays, à Saly, Ziguinchor et dans d’autres régions, pour garantir l’accessibilité de l’outil sur l’ensemble du territoire.
Un appel à l’appropriation collective
Au-delà du lancement technique, le responsable de la Banque mondiale a lancé un appel solennel à toutes les parties prenantes, les invitant à faire vivre l’observatoire :
- Aux élus locaux : à s’approprier l’OBFiLoc et à y voir un allié dans l’exercice de leurs responsabilités
- Aux services techniques de l’État : à en assurer l’alimentation régulière et fiable en données
- Aux partenaires : à continuer d’accompagner les collectivités dans leur montée en compétences
« Lancer un outil, c’est une étape. Le faire vivre, le nourrir de données fiables, l’utiliser pour décider, c’est là le véritable défi », a-t-il insisté.
L’OBFiLoc, un pilier de la vision Sénégal 2050
Concluant son intervention, Pierre Bonneau a inscrit l’observatoire dans la perspective plus large de la vision Sénégal 2050, affirmant que « la gouvernance locale n’est pas un chantier périphérique. Elle en est peut-être l’un des piliers les plus silencieux et les plus solides ».
« Des outils comme l’OBFiLoc portent en eux quelque chose de plus qu’une fonction technique : ils esquissent, jour après jour, la silhouette d’une action publique locale plus crédible, plus lisible, plus proche de ceux qu’elle est censée servir », a-t-il conclu, avant de réaffirmer l’engagement de la Banque mondiale, de l’AFD et des partenaires aux côtés du Sénégal pour les années à venir.
EL IBRAHIMA FAYE

