Maintenant que les émotions sont retombées après la défaite des Lions face à une belle équipe des États-Unis, revenons avec davantage de lucidité sur cette rencontre riche en enseignements.
Première leçon à tirer : Pape Thiaw a fait tourner son effectif et utilisé son banc de touche. Ceux qui avaient l’habitude de cirer le banc, ainsi que les nouveaux appelés, ont été testés. Ils ont bénéficié d’un temps de jeu suffisant pour démontrer leur valeur. Certains ont répondu présents, tandis que d’autres sont passés à côté de leur sujet.
Deuxièmement, un match de préparation n’est jamais totalement abouti. Il sert avant tout à tester les hommes, leur créativité, leur réactivité et leurs automatismes. Il offre également l’occasion d’évaluer les forces et les faiblesses de l’équipe, et seul le sélectionneur est en mesure d’en tirer toutes les conclusions.
Troisièmement, il faut tenir compte de l’environnement du match. Le contexte dans lequel il se déroule, la nature du terrain et de la pelouse, ainsi que l’ambiance du public, sont autant de paramètres à prendre en considération, surtout pour de jeunes joueurs peu habitués à une telle atmosphère.
Voilà autant d’indicateurs qui invitent à une lecture lucide de cette rencontre.
Passons maintenant à la prestation collective et individuelle de l’équipe.
Il faut d’abord saluer le mérite de Pape Thiaw d’avoir osé faire confiance à son banc. Mory Diaw est apparu loin du niveau attendu d’un titulaire. Il a notamment souffert de problèmes de placement et de réactivité, intervenant souvent avec un temps de retard sur plusieurs actions. Il faut toutefois reconnaître qu’il n’a pas été aidé par une défense inexpérimentée, trop hésitante et mal organisée, tant dans le placement défensif que dans les relances.
Si Krépin Diatta a su tirer son épingle du jeu, Ismaïla Jakobs, lui, a semblé en difficulté dans sa zone. Quant à l’axe central, il a affiché des signes de fébrilité et de naïveté face à une équipe américaine qui privilégie le jeu au sol et accélère dans les trente derniers mètres grâce à des combinaisons bien travaillées. Seck et Sarr n’ont pas connu leur meilleur soir et mériteraient d’être revus dans une autre configuration. Manifestement, ils manquent encore de rythme et de temps de jeu.
Le milieu sénégalais a évolué sur plusieurs registres : la récupération et la relance. La meilleure façon d’attaquer reste de bien défendre. Le Sénégal de 2002 face à la France nous l’avait démontré, et la leçon avait alors été parfaitement assimilée. Lamine Camara, Pape Matar Sarr, Pape Guèye et le jeune et prometteur Bara Sapoko Ndiaye doivent intégrer cette exigence dans leur approche du jeu. Pas de retard dans l’anticipation, pas de pertes de balle dans l’axe, une présence constante dans le repli défensif : voilà les principes essentiels d’une bonne gestion de la solidarité collective.
Ces milieux de terrain ont évolué dans des registres différents, et le jeune Ndiaye a démontré toute l’étendue de son talent en jouant juste, simple et avec personnalité. En revanche, l’entrejeu sénégalais doit gagner en vitesse dans les relances face à des équipes capables de se regrouper rapidement et de jouer les transitions en sautant le milieu de terrain.
Quant à l’attaque, elle a donné satisfaction à certains égards. Si Sadio Mané a répondu présent en menant les offensives et en inscrivant un doublé, si Nicolas Jackson a tenté de jouer juste malgré quelques maladresses devant le but, Iliman Ndiaye, en revanche, a affiché une discrétion difficile à justifier. Le rôle qui lui incombe, celui de stabiliser le jeu et de déséquilibrer l’adversaire, n’a pas été rempli avec l’efficacité attendue.
Les entrants ont apporté leur contribution, mais il était difficile de redonner de la stabilité à une équipe déjà fragilisée par des buts encaissés sur fond de naïveté et d’inexpérience.
Mamadou KASSE

