Le directeur général du Centre de formation judiciaire, Souleymane Téliko, a insisté lundi à Kaolack sur la nécessité de renforcer les capacités managériales des acteurs de la justice afin d’améliorer durablement le service public judiciaire.
S’exprimant à l’ouverture d’un séminaire consacré au management des juridictions, organisé par le CFJ en partenariat avec GIZ, le magistrat a estimé que la modernisation de la justice sénégalaise passe par « l’instauration d’une véritable culture de la performance ».
Selon lui, les seules compétences techniques des magistrats et greffiers ne suffisent plus pour répondre efficacement aux attentes des citoyens. « Au-delà des compétences techniques, il faut mettre l’accent sur les capacités managériales de tous ceux qui concourent au fonctionnement du secteur », a-t-il déclaré devant plusieurs responsables judiciaires, notamment des premiers présidents et procureurs généraux issus des Cours d’appel de Kaolack et de Tambacounda.
Pour Souleymane Téliko, la justice ne doit pas uniquement être considérée comme un pouvoir institutionnel, mais également comme un service public soumis à des exigences d’efficacité, d’efficience et de sérénité. Il a rappelé que l’atteinte de ces objectifs dépend autant des moyens matériels et des procédures que de la qualité du management au sein des juridictions.
Le directeur général du CFJ a également souligné que les magistrats sont principalement formés aux fonctions juridictionnelles, mais beaucoup moins préparés à la gestion administrative, budgétaire et humaine des juridictions qu’ils sont amenés à diriger. Une situation similaire concerne, selon lui, les greffiers appelés à exercer des responsabilités de chefs de greffe sans formation spécifique en management.
Face à ces défis, le CFJ a intégré dans ses programmes de formation initiale et continue plusieurs modules consacrés à l’administration judiciaire et aux outils modernes de gestion. Ces enseignements portent notamment sur le pilotage des juridictions, la gestion budgétaire, les tableaux de bord administratifs, ainsi que la conservation des archives et des pièces à conviction.
« Un chef de juridiction bien formé au management est mieux armé pour remplir sa mission avec efficacité, transparence et intégrité », a conclu Souleymane Téliko.
EL IBRAHIMA FAYE

