Interpellé par les députés lors des questions d’actualité, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, a détaillé les mesures envisagées pour répondre à la crise persistante qui secoue l’université, entre tensions sécuritaires et déséquilibres financiers.
Face aux incidents récurrents sur le campus social, le ministre a indiqué que des instructions ont été données pour renforcer le contrôle des accès. L’objectif : sécuriser un espace qui concentre des milliers d’étudiants et limiter les intrusions à l’origine de violences et de troubles.
Dans la même dynamique, il a annoncé l’installation progressive de détecteurs de fumée, de bouches d’incendie et de caméras de surveillance dans les résidences universitaires. Pour Daouda Ngom, il est impératif de moderniser les infrastructures afin de prévenir les risques et d’améliorer les conditions de vie.
Le ministre a dressé un constat alarmant sur la promiscuité dans certaines chambres universitaires, évoquant des cas où jusqu’à 20 étudiants cohabiteraient dans un même espace. Une situation qu’il juge intenable et propice aux conflits, aux vols et même à la détention d’armes blanches. « On n’a pas le droit de continuer à laisser cela », a-t-il martelé.
Autre point sensible : la gestion des lits universitaires à Dakar. Sur environ 1 000 lits recensés, près de 300 seraient attribués directement par des étudiants, en dehors des procédures officielles. Une pratique que le ministre considère comme incompatible avec les règles de gouvernance publique. Il a annoncé l’ouverture, dès la prochaine rentrée, d’une concertation avec la communauté universitaire pour assainir le système d’attribution.
Sur le front des revendications financières, Daouda Ngom a assuré que l’État honore régulièrement le paiement des bourses. Toutefois, il a expliqué que les tensions budgétaires proviennent des rappels réclamés par certains bénéficiaires. Selon lui, le versement de 16 mois de bourse au lieu des 12 prévus a provoqué un dérapage des dépenses : 70 milliards de FCFA avaient été inscrits au budget, mais les décaissements auraient atteint 105 milliards.
Pour le ministre, cette trajectoire n’est plus soutenable. Il a plaidé pour une gestion plus rigoureuse et conforme aux enveloppes votées, afin de préserver l’équilibre du système d’aides et d’éviter une crise financière durable dans l’enseignement supérieur.
Entre sécurisation des campus, régulation des attributions de logements et rationalisation des dépenses, l’exécutif affiche ainsi sa volonté de réformer en profondeur un secteur sous tension, considéré comme stratégique pour l’avenir du pays.
EL FAYE

